Qui connaît le rôle d’aidant comprendra ? Qui observe dans son entourage ou au travail un aidant n’imaginera pas !
La charge, la responsabilité, le poids
Devenir aidant peut s’assimiler à devenir parent, à ceci prêt : dans un cas on peut s’y préparer, dans l’autre on subit.
Mais je fais comment moi ?
La récurrence
« Mais comment je fais pour aller au rendez-vous avec le cancérologue et être présent.e chez mon client ? »
« Comment je fais pour garder ma fille ? Elle devrait être admise en IME mais le délais d’admission est de deux ans. »
« Ma mère est hospitalisée et j’habite à l’autre bout de la France, je ne sais pas comment faire ! »
« Mon père a Alzheimer et ils ne sont pas formés dans la structure où je lui ai obtenu une place pour gérer ses accès de violences, comment vais-je faire ? »
« On doit prendre le train. Comment je fais pour pousser le fauteuil de ma mère et la poussette de ma fille ? »
« Mon père s’est garé mais il ne s’est plus où et il ne sait pas me décrire où il est ? »
« Comment je fais mon proche est hospitalisé d’urgence et je dois récupérer mes enfants à l’école ? »
La criticité
Une urgence, une situation ubuesque, une organisation qui paraît impossible, des services défaillants, un déroulement catastrophique…c’est ce que va vivre le sprinteur.
Autant de situations qui font que les aidants sont épuisés, stressés ou anxieux. Gérer ces organisations, gérer des crises qui provoquent leur lot d’émotions sont des coups d’accélérations dans le quotidien.
Gérer dans la durée
Mais ces sprinteurs vont devoir tenir le rythme en moyenne pendant six ans. Car l’aidance dure plusieurs années. Il faut tenir le coup. Les marathoniens diront attention au 35e kilomètre. Il faut se préparer, s’alimenter, s’entraîner, s’outiller, récupérer : une gestion précise de soi en somme.
Où trouver des réponses ?
Vous l’aurez compris, l’aidant.e se sent seul.e, démuni.e, dépassé.e. Les émotions qu’il ou elle traverse, sont bouleversantes. Et la somme des tâches à effectuer est colossal. Alors comment trouver des lieux ressources, des personnes ressources et des solutions ?
Lieux ressources
La CCAS et les assistantes sociales sont des passages obligatoires pour faire le point, s’assurer que l’on utilise les aides auxquels on peut prétendre et s’informer de ce qui existe localement. Très à l’écoute, ces personnes qualifiées et sensibilisées à ces situations sont d’un grand recours.
Le médecin traitant, est aussi un passage obligé. C’est lui qui va fournir les documents indispensables aux obtentions d’aides, de congés ou de répit. C’est lui qui atteste de l’état de santé et va aider à déterminer le niveau de GIR (degré de dépendance).
Les espaces de répit
La première chose dont l’aidant a besoin c’est de temps ; voici quelques pistes.
Les accueils de jour, reçoivent à la journée les personnes atteintes d’Alzheimer, de Parkinson ou autre trouble cognitif, leur proposant des activités adaptées à leur rythme pour stimuler sens et mémoire, pour maintenir une certaine autonomie et lutter contre l’isolement. Ce répit offert aux aidant leur permet de maintenir une activité hebdomadaire autre, en accompagnant leur proche et en leur offrant également des conseils.
Gammes propose 4 jours de relayage au domicile pour permettre à l’aidant de se ressourcer ou relais’aidant pour ½ journée qui va permettre à l’aidant d’aller à ses propres RDV médicaux, évènement d’information ou
Le baluchonnage est une solution de répit à domicile, longue durée sur 6 jours avec le même intervenant 24h/24h. Formé à intervenir du jour au lendemain, l’intervenant s’adapte sur mesure en préparant les spécificités des besoins étroitement avec l’entourage.
Ces lieux permettent à l’aidant de pouvoir récupérer un peu de temps pour soi, pour des démarches ou pour se soigner.
Solution
Impossible de faire tout tout.e seul.e que l’on soit aidant.e ou intervenant.e professionnel.le. Un proverbe dit « il faut un village pour élever un enfant ». Il en va de même pour s’occuper de nos aînés, nos personnes malades, accidentées ou handicapées : il faut une société pour s’occuper d’eux.
Les professionnels infirmiers, aides à domiciles, kinésithérapeutes et autres professionnels jouent un rôle essentiel. Mais aussi le maillage local des voisins, des proches, des amis, s’avère crucial pour veiller, intervenir en cas d’urgence, relayer et pour des petites choses du quotidien dont le lien.
Notre territoire est riche en associations et en solutions en tout genre. Il est important de s’entourer.
Conclusion
Être aidant, c’est courir plusieurs courses en même temps.
Des sprints quand tout s’accélère.
Des marathons quand il faut tenir des mois, parfois des années.
Et entre les deux, très peu de pauses.
Alors oui, il faut apprendre à s’organiser, anticiper, demander de l’aide, trouver les bonnes personnes, les bons relais, les bons outils. Comme les sportifs de haut niveau, les aidant.es doivent gérer leur énergie, leur mental, leur récupération, pour tenir et pouvoir continuer à accompagner.
💬 Appel à commentaires
Et vous comment gérez-vous votre situation d’aidant ? Qui sont vos personnes ou lieu ressource ?
🔗 Ressources
https://www.montpellier.fr/territoire/lieux-equipements/centre-communal-daction-sociale-ccas
https://www.famirelay.com/ ou https://tilia-aidants.fr/
https://www.fondationpartageetvie.org/fpv/ciel-bleu-pfpv_30720

